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le 24 juillet 2010

Mon combat contre le dragon du droit allemand...

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J'ai déjà, il y a de cela quelques mois, écrit un long texte sur mon cours de droit allemand, que je suivais en allemand et qui représentait 10 hrs de cours par semaine. J'avais d'ailleurs intitulé ce billet quelque chose comme "Le monstre"...

Le combat entre le monstre et moi est maintenant terminé. Ça ne s'est pas soldé par un K.O toutefois, ce qui fait qu'il faudra attendre le verdict des juges (c'est-à-dire la note de l'examen) pour savoir qui est le vainqueur. Je suis, toutefois, d'ores et déjà capable de dire que je suis fier de ma prestation.

J'ai, comme le titre de ce billet l'indique, décidé que le type de monstre que ce cours était, au bout du compte, était un dragon. Pas de raison particulière, outre l'attraction naturelle du ti-gars-qui-jouait-au-lego en moi pour cette bête épique. Et le fait qu'en théorie, un dragon ça crache du feu, et qu'en pratique, ce cours là m'a quand même pas mal brûlé!

Mon examen était hier et il s'est bien déroulé, considérant les circonstances. Maintenant que tout ça est derrière moi, je me permet donc de me livrer à de la philosophie à deux sous sur le sens de la vie, la performance du Canadiens en série, les 20 ans de la crise d'Oka, et la victoire de Wilfred à Star Académie.

Il s'avère que de l'extérieur, l'idée de me balancer dans un cours de droit allemand des obligations, donné en Allemand, avec des étudiants allemands qui suivent ce cours dans le cadre du curriculum régulier des futurs juristes allemands, alors que mon allemand n'était clairement pas de calibre et que je n'avais aucune connaissance du droit allemand, paraît un peu comme l'idée du débile qui a le goût de se casser la gueule comme s'il n'y avait pas de lendemain.

Je me disais, en fait, que je l'avais bien fait au Mexique, alors pourquoi pas en Allemagne? Les raisons démontrant que ce ne serait pas la même chose étaient nombreuses... J'en connaissais un certain nombre (l'Espagnol c'est pas mal plus facile que l'allemand; la charge de travail ici est plus intense qu'au Mexique), j'en ignorais d'autres (ce programme n'était pas tant une introduction au droit allemand, qu'un programme de "on-te-varloppe-dans-le-droit-allemand-à-tête-baissée-avec-un-canon-pis-une-fois-dans-la-merde-tu-te-débrouilles-pour-t'introduire-tout-seul-au-droit-allemand-et-pour-apprendre-par-toi-même-tous-les-concepts-de-base-qui-sont-donnés-dans-le-premier-cours-celui-que-tu-peux-pas-prendre-parce-qu'on-le-donne-juste-au-premier-semestre-désolé-si-on-te-l'a-pas-dit"). Bref, ce que je savais me permettait de savoir que ça allait pas être comme manger un jos-louis, mais je pensais pas que ça allait être le Vietnam non plus. Je me disais que ça allait me prendre un mois exigeant pour comprendre la terminologie légale comme-il-faut (c'est ce que ça m'a pris, comme de quoi mon appréciation de la situation n'était pas totalement fausse). Mais bon, ce qui n'a pas arrêté après un mois c'est la charge de travail du cours.

Bref, je regardais tout ça en me disant "yissh, ça va forcer dans' coins!", mais ça paraissait faisable. Pis honnêtement, quand tu regardes quelque chose pis tu te dis "ouais ça passe en cibouleau, comme dans du beurre mais sans le goût", ça enlève du piquant... ça paraît plate.... moins intéressant. C'est quand il y a un défi, une chance d'échec, de la difficulté, quand tu dois utiliser ce que t'as dans la tête et dans le ventre qu'un projet semble intéressant. J'ai pas mal toujours pensé comme ça je crois, du moins autant que je me souvienne. Pendant longtemps inconsciemment... Ce cours, toutefois, c'était la première fois que j'ai dû forcer autant. Le semestre étant maintenant terminé, je me rends compte que certains aspects de ma méthode de travail auraient pu être améliorés. Mais c'est le genre de chose que tu ne sais pas vraiment lorsque tu organises tout ça, au début...

Ce qu'il me reste de ce cours, outre les 7 crédits que j'espère obtenir (faut que je passe le test, on attend la note et on croise les doigts), c'est la fierté au fond. C'est une victoire. Durement gagnée. "A war of attrition", une bataille pas toujours propre, pas du genre de celle que tu livres le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Mais une victoire néanmoins. Une victoire basée sur un objectif fixé il y a longtemps, lui-même basé sur des raisons à la fois évanescentes et nobles, mais qui, je le crois bien, auront, lorsque j'analyserai la situation dans quelques temps de cela, à tête reposée, lorsque la poussière sera retombée, gardé tout leur éclat.

C'est alors qu'il me sera possible de récolter réellement les fruits des efforts des quatre derniers mois.

Je disais, à la fin de mon voyage au Kenya l'an dernier, sur ce blogue:

"Les voyages en general, oui ils peuvent bien ou moins bien aller, mais au bout du compte on en fait ce qu'on en veut. Le resultat final, notre regard sur celui-ci, ne depend que de nous, de l'attitude qu'on adopte, de ce qu'on decide d'en faire."

Mon séjour ici m'aura confirmé cela, sans l'ombre d'un doute. En fait, ma nouvelle compréhension de cette phrase est, d'une certaine manière, l'évolution que je dois à ce voyage.

Les trois semaines qui restent avant mon retour seront pour décanter, auprès de ma douce. Ce sera ensuite le retour au pays auprès des miens, que j'ai bien hâte de voir! Si vous lisez ce blogue, vous en faites sûrement partie!

Je tenterai de donner des nouvelles pendant que Alana et moi nous promènerons en France et au Portugal. J'espère que vous allez tous bien!

Au plaisir!

Ich bin ein Berliner!

Hugues

le 03 juillet 2010

Ku'Damm après la victoire!

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Mon quartier, Schöneberg, n'est peut-être pas le plus chouette de Berlin. Quand vient le temps de faire la fête, d'avoir un sentiment d'appartenance au "Kiez", de l'organisation d'événements sociaux et tout le reste, des endroits Comme Kreuzberg ou Prenzlauerberg le battent haut-la-main. Mais quand vient le temps du football, ça c'est une autre histoire!

Bien sûr, les circonstances sont particulières: Non seulement la victoire de cet après-midi propulse l'Allemagne en demi-final du plus gros événement sportif au monde, mais aussi, ce fut une victoire de 4 - 0 contre une équipe (l'Argentine) considérée par plusieurs comme favorite dans ce tournoi. Bref, c'est pas de la petite bière!

La montagne de travail que j'ai à abattre pour les trois prochaines semaines m'avait fait décider de regarder la partie depuis mon salon, mais je n'ai pu résister à l'envie d'aller sur Ku'damm (Kurfürstendamm) après la victoire. Car c'est là que les Berlinois fêtent les victoires de foot. Et ils la fêtent présentement, la victoire! Ku'damm, un grand boulevard commercial à quatre voies (similaire en terme de largeur à, disons, St-Joseph à Montréal) situé tout près de chez moi, est noir de monde à perte de vue. Les gens chantent, font du bruit autant que faire se peut et boivent allègrement dans la rue, le tout devant à peine quelques voitures de policiers. Ces derniers regardent paisiblement les fans défilés et ne semblent aucunement inquiétés, soit par leur aspect festif, soit par leur consommation de boisson (qui, du reste, ne semble pas inquiétante outre-mesure).

Peut-être qu'ils pourraient donner quelques leçons aux policiers de Toronto...

Es Lebe die Mannschaft!!!

La prochaine partie est mercredi!

Hugues

le 22 juin 2010

Ma cuisine

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C'est un secret de polichinelle, peut-être même un pas de secret pantoute, que je suis pas nécessairement le défenseur de la veuve et l'orphelin lorsque vient le temps de faire du ménage. C'est un domaine où je me démarque par mon laxisme. Cela dit, tout est (pas mal) toujours ordonné chez moi, surtout la cuisine, que je garde propre plus que tout le reste dans mon appart (même si des fois je tarde un peu à faire la vaisselle!).

Quand je suis venu visiter mon appart berlinois pour la première fois, mon futur coloc m'a demandé si j'étais un "clean freak". J'ai répondu avec assurance "non!", en me disant que selon la majorité des standards internationaux, je ne pouvais pas vraiment être qualifié ainsi. Ben s'avère que selon ses standards à lui, j'aurais peut-être fait les coupures!

L'appart en tant que tel n'est pas ordonné, bien au contraire. Mais ça, la vérité, c'est que j'en ai rien à foutre. La cuisine toutefois, est, ni plus ni moins, un cauchemar. J'emploie ici le mot cauchemar au sens littéral, c'est-à-dire, selon le trésor de la langue française informatisé, "Ce qui provoque la peur, la panique, l'horreur, l'aversion". J'ai, vraiment, jamais vu ça de ma vie. Pis j'espère que je ne le reverrai jamais! En fait, ça me permet de mieux comprendre certains comportements (stupides) de l'être humain qui sont bénéfiques dans l'immédiat (l'immédiat ici se comptant en terme de secondes) mais exponentiellement négatifs dans l'avenir.

Je ne veux pas être mal compris: ça ne m'empêche pas de vivre ma vie! J'ai une bonne capacité de mettre ces détails derrière moi dès que je quitte ladite cuisine, sachant que permettre à tout ça d'affecter ma bonne humeur ne résoudra strictement rien et n'affectera que moi. Évidemment, j'ai tenté d'expliquer à mon jeune coloc de 21 ans que c'était beaucoup plus simple de juste vider ton assiette dans la poubelle... la rincer... pis la mettre dans le lave-vaisselle (et oui... on a un lave-vaisselle en plus, ça vous donne une idée à quel point c'est hors de l'entendement!), j'ai même fait la démonstration devant lui, pour lui montrer que ça prend littéralement 10 secondes. Je lui en ai reparlé à deux ou trois reprises. Pas de résultat. Je partirai pas en guerre pour ça. C'était quand même drôle de l'entendre dire que c'était pour "nous amener à mieux nettoyer plus tard" qu'il répandait sa merde partout comme ça. Très convaincant. Disons que son "nous" était plutôt comme un "on", qui exclut, sans l'ombre d'un doute, la personne qui parle. Il m'a même expliqué qu'il avait développé cette habitude quand il était adolescent pour se rebeller contre ses parents. Je lui ai dit qu'il pouvait arrêter maintenant que ses parents n'étaient plus là, pour ensuite ajouter "si tu veux je peux les appeler pour leur dire que c'est dégueulasse, ça me fera plaisir!". Mon autre coloc laisse ses trucs partout aussi, mais au moins lui, de temps en temps, il prend 30 ou 45 minutes pour tout nettoyer. Jusqu'à la semaine dernière je prenais quelques minutes de temps en temps pour rapidement tout nettoyer, mettre ça dans le lave-vaisselle et le partir. Mais un gars s'écoeure. Surtout que moi je ramasse mes trucs chaque fois que j'ai fini d'utiliser la cuisine. Alors quand je nettoie, je nettoie leurs trucs, pas les miens.

Mais bon, j'en parle ici parce que je crois vraiment que c'est extraordinaire, inégalé. Je pourrais m'engager dans une longue (et pénible!) description détaillée de l'état des lieux, mais j'ai préféré prendre des photos. Une image vaut mille mots. En l'espèce, elle en vaut probablement plus! Les photos c'est pas mon fort, ça m'emmerde de traîner la caméra et tout le tra la la. Et de toute façon, les images de mes voyages sont dans ma tête, quoique c'est toujours agréable de regarder des photos lors de notre retour. Tout ça pour dire que je n'avais pas encore pris de photos depuis mon arrivée à Berlin. J'ai pris mes premières ce matin, une dizaine, et ce sont des photos de ma cuisine et son état délabré. Les intéressés en auront pour leur argent! Je pourrais probablement vendre ça a un freak show...!

J'espère que vous allez bien!

Prenez soin de vous!

saaaaaaaaaaaaalut

Hugues

le 07 juin 2010

on s'excuse pis toute....

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Ouais ben je le sais le gros, ça fait longtemps.

En fait, mon dernier message date du premier mai ou environ. Aujourd'hui on est le 7 juin, donc si tu calcules ça fait pas beaucoup au mois... Je me prosterne dans des excuses les plus plates qui soient tout en faisant des entourloupettes de steppettes etc. etc.

Mais bon, pour reprendre l'excuse officielle (et officieuse... pour une fois que les deux concordent!) que j'ai servie à une amie sur Fessebook cette semaine (et je me cite):

"eh eh eh désolé Marie-Laurentienne! J'ai effectivement lésiné à ce niveau mais j'ai une bonne raison: je ne bénéficie pas des plaisirs de l'absence de cours, loin de là crois-moi! Disons simplement que le code civil allemand, aussi intéressant et sage soit-il, présente des difficultés d'apprentissage notoires pour le néophyte (surtout lorsque l'allemand du néophyte n'est pas parfait!)! Malheureusement le blogue écope, mais je vais tenter d'y écrire quelques trucs cette semaine!"

(ATTENTION: le nom de la personne impliquée a été changé afin de respecter sa vie privée. Toute ressemblance avec d'autres Marie-Laure euh je veux dire Marie-Laurentienne est purement fortuite et le produit de n'importe quoi sauf mon libre arbitre. Amen.)

Voilà, fin de la citation, patapatapouftatram, vous l'avez dans le mil!

J'avais, avec tout le travail habituel, une pratique d'examen il y a dix jours et une autre ce soir, et mes parents m'ont visité il y a deux semaines, alors bref, j'ai dit au blogue de prendre la poudre d'escampette, mais pas d'autre poudre que ça c'est promis.

Pour me faire pardonner, j'ai repris l'action en publiant un court poème, d'une beauté épatante. Je dois admettre toutefois qu'il n'est pas de moi. Il est du mec d'un des restaurants à côté de Potsdamer platz, qui récitait constamment ces quatre (bordel!) de vers en faisant ses Döners. Quand je l'ai entendu dire ça au début je le trouvais ben drôle pis je me disais "Quel homme charmant, il doit sûrement avoir un lien de parenté avec Yves Corbeil". Et c'est à ce moment que j'ai réalisé que son poème bidon ne faisait partie que d'un plan machiavélique sans pitié qui visait à nicker des touristes.

En effet, le mec était une honte à l'industrie des Döners berlinoise. Car vous savez, n'est pas faiseux de Döners qui veut à Berlin. Les Döners berlinois sont réputés, considérés par tous comme meilleurs, plus divers et (non-négligeable!) moins chers que ceux que l'on retrouve à Münich, Frankfurt, Stuttgart, pis d'autres petits villages de même. On s'attendrait donc d'un faiseux de Döners berlinois qu'il ait à coeur le maintien de cette réputation sans égale. Mais pas celui-là...

Le problème du produit de ce charmant cuistot n'était pas le goût, non non, mais plutôt la quantité. Il lésinait sur le choux, les tomates, et tout le tra la la encore plus que j'ai lésiné sur mon blogue pour le dernier mois, c'est tout dire. Et si les touristes (qui pleuvent, que dis-je, qui grèlent à Potsdamer platz!) ne s'en rendent pas compte, les habitués des Döners de Berlin en ont vu d'autre! Les mots de mon acolyte de toujours depuis un mois et demi (qui est malheureusement parti depuis mardi dernier!), Alexis Aublap, résument d'ailleurs bien la chose. Il a dit quelque chose qui ressemblait environ à une paraphrase d'une déclaration comme:

"Ben voyons, j'pourrais me curer les dents avec son döner!"

C'est tout dire.

Et là les plus futés d'entre vous diront: "mais qu'est-ce que c'est que cette merde, un Döner n'a tout simplement pas l'allure d'un cure-dent!". Et ils n'auraient pas tort! Mais je me devrais alors de les ramener sur le droit chemin en leur rappelant qu'à Berlin, quand on parle de Döner, il y a de la diversité (comme je l'ai mentionné plutôt)!. Ma combinaison préférée, donc, ne prends pas la forme d'un Döner ben "chienne", avec viande pis les autres ingrédients réguliers, dans un pain régulier. Non MÔSIEUR! Moi ma commande c'est: ein durüm Döner mit Falaffel und Käse bitte. Quin! Pas de viande, un pita, du falaffel pis du fromage. si Jésus avait eu ça, il aurait survécu à son chemin de croix! Et nul besoin de dire que si le Döner est dans un pita, et que le dit pita est roulé, il pourra effectivement prendre la forme d'un cure-dent une fois complété. Voilà! CQFD, Échecs et math, prorogation du parlement, pis toute le kit.

Mais bon, le gars faisait des poèmes, pis au nombre de Döners que j'ai mangés depuis que je suis ici, c'est ben normal que j'en frappe un qui ferait pas la première page du NY times de temps en temps. Absolution partielle. Du genre je tirerai pas des oeufs dans sa vitre, mais il ne me reverra plus jamais la face là non plus.

Voilà, la question du Döner est maintenant réglée.

Je réécrirai un autre moment donné pour parler d'autre chose (une phrase, ma fois, tellement lucide qu'elle aurait pu sortir du directeur des communications de Stephen Harper!)

saaaaaaaaaaaaaaaaaalut

Hugues

Les Döners du mal...

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Döner...
Döner macht schöner
Döner Teller, auch besser
einmal essen,
nie vergessen.

le 01 juin 2010

Le premier mai à Berlin

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Le seul souvenir significatif que j'ai de la journée des travailleurs, le premier mai, date de 2005, alors que mon ami Julien et moi nous étions présentés au musée de Frida Kahlo, à Coyoacan, en banlieue de Mexico city. Arrivés sur place, on a réalisé que cette journée, sans grande importance au Québec, suffisait à justifier la fermeture des musées à Mexico. On quittait la ville le lendemain, il a donc fallu faire notre deuil de la maison de Frida Kahlo.

Cinq ans plus tard, je me suis frotté à une expérience de premier mai différente, mais certainement tout aussi mémorable (si c'est pas plus)! J'ai appris en effet que cette journée était davantage célébrée un peu partout dans le monde. Au Québec, il y a bien eu cette manifestation contre le budget Bachand, mais c'est pas comme si on s'excitait généralement le poil des jambes à cause du premier mai. Ici, en Allemagne, le poil, et plusieurs autres parties du corps, s'excitent!

C'est qu'en fait, les travailleurs c'est pas mal important pour les communistes. Pis dans le coin il y en avait des communistes (ou, à tout le moins, des socialistes) il n'y a pas si longtemps. Il parait qu'à l'époque les gouvernements de l'est organisaient de grands défilés auxquels les travailleurs n'avaient pas vraiment le choix d'assister. Ce qui est intéressant toutefois, c'est qu'apparemment, c'est plutôt dans l'ouest que la forme actuelle de ce sport extrême, que l'on pourrait appeler le "May day rioting", a pris forme. Dans Kreuzberg plus précisément, le quartier des "marginalisés" de Berlin, dont une partie appartenait jadis à l'ouest. Certains gauchistes (la frange "qui bûche" du mouvement, disons!) auraient commencé à la fin des années 1980 à manifester pour des idées qui leurs sont chères en général, ce qui impliquait entre autre détruire de la propriété! C'est une tradition qui a continué jusqu'à aujourd'hui. Cela dit, une modification a fait son apparition il y a quelques années.

En effet, les Néo-Nazis, trouvant qu'il était inadéquat de leur part de laisser des putains de gauchistes péter la baraque sans participer, ont décidé de s'impliquer dans le processus. Je ne sais pas si l'objectif des nostalgiques du troisième reich était de détruire de la propriété, mais je sais que les deux factions ont décidé, depuis, de se détruire entre eux au lieu de détruire des choses. Quand tu y penses, c'est plein de bon sens: des objets ça guérit pas, mais des gauchistes ou des nazis, ça ça guérit! C'est comme une source renouvelable de dommages à chaque année.

Heureusement, ce n'est pas tout ce qu'il se passe le premier mai. Quand je suis allé me promener dans les rues de Kreuzberg avec quelques amis hier après-midi, l'ambiance était à la fête. Une espèce de grande fête de quartier: spectacle de musique ou DJ à tous les coins de rue, les piétons qui envahissent tout l'espace (à un point tel qu'il était parfois difficile de se déplacer, même à pied!), des gens qui font de la bouffe ou des "drinks" à gauche et à droite et qui les vendent aux participants, etc. etc. Il y a des punks et des anarchistes un peu partout (après tout, on est à Kreuzberg!) et aussi leurs grands amis les policiers, nombreux, équipés comme c'est pas possible, avec les canons à eau pis toute. Après une petite marche dans les rues du quartier, on est allés s'asseoir tranquillement dans un parc. Je suis rentré tôt parce que j'avais du travail à faire. De ce que j'en comprends, c'est ce que la majorité des gens font: ils rentrent tôt et laissent la place aux nazis, aux gauchistes et anarchistes et, bien sur, aux policiers, afin qu'ils se tapent sur la gueule en soirée comme le veut la tradition.

En fait, cette année a été une petite année tranquille. On annonçait bien environ 13 000 manifestants (10 000 gauchistes, 3 000 néo-nazis) et on avait déployé 6 000 policiers. Mais la marche des nazis (que les gauchistes tentaient de faire dévier ou de déranger) s'est apparemment passée sans trop de problèmes. Ce matin, on disait que les accrochages de la soirée n'avaient fait que six blessés chez les policiers. Pfffff, de la p'tite bière... L'an passé, il y en avait eu plus de 500!

Le travail continue, ça se déroule bien, ma compréhension de l'allemand s'améliore constamment, et je tente de suivre les séries autant que possible, mais vous comprendrez que quand la partie commence à 1hrs du matin et finit à 4hrs, des fois, on l'écoute pas au complet!

J'espère que vous allez tous bien!

saaaaaaaaaaaaaalut

Hugues

le 29 mai 2010

Tel un incompris...

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... je marchais dans les rues berlinoises à la recherche d'un signe: un logo, un drapeau, un chandail, un sourire de victoire ou un cri de joie, un regard scintillant, un compatriote comme moi qui a l'impression d'avoir des fourmis dans le sang...

Je regarde à gauche et à droite, tout sourire à tous comme s'il était absolument évident que tous savent pourquoi je suis content. Et je marche d'un pas décidé en cette journée radieuse!

Une parcelle de célébration, bien loin de Crescent et Ste-Catherine, mais non moins débordante!

le 24 avril 2010

Le Monstre...

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Bien sûr, il existe plusieurs définitions différentes de ce mot, mais voici l'une d'entre elles, selon la version internet du Trésor de la langue française informatisé:

Monstre: Chose (concrète) qui dépasse, par sa taille ou ses proportions, les autres choses de la même espèce.

Je ne parle pas ici de l'un de mes deux cours en anglais. En effet, le "Seminar on Jewish law" et le cours "International criminal justice" ne sont pas très intimidants. Premièrement, je comprends tout dans les cours parce qu'ils sont donnés dans une langue que je maîtrise. Deuxièmement, la charge de travail qui se rattache à ceux-ci est, lorsque comparée à ce à quoi on est habitué à McGill, minime.

Non, je parle plutôt de mon cours en allemand, besonderes Schuldrecht (l'équivalent d'un cours d'obligations avancé): Six heures de cours par semaine, deux heures de Arbeitsgemeinschaft (des ateliers supervisés), et deux heures de tutorat pour les étudiants internationaux (ce que je suis). Ça fait dix heures au total. En théorie, pour un cours universitaire de dix heures, le travail à la maison qui suivrait devrait être considérable. Ce n'est peut-être pas le cas ici pour mes compatriotes germanophones qui, j'en suis certain, peuvent passer au travers de tout ça sans trop de misère. Mais c'est définitivement mon cas!

Passer au travers d'un paragraphe de doctrine peut me prendre une bonne demi-heure si je veux bien en saisir les subtilités et si je me décide à lire également les articles du code civil qui y sont cités. Saisir un article du code civil peut aussi, tout dépendant de sa longueur, prendre un bon bout de temps, ne serait-ce que parce que la tournure des phrases y est différente que celle de l'allemand plus courant que j'ai appris à l'université. Par dessus le marché, il y a bien sûr la terminologie juridique que je continue de décoder jour après jour. C'est très intéressant, pas de doute. Et gratifiant aussi: avoir la possibilité de "plugger" contrepartie, relation contractuelle, bris de contrat, exécution en nature, et autres termes de droit dans une phrase en allemand, ça a quelque chose de satisfaisant! Mais bien sûr, ça se fait au prix d'un certain travail, ou, devrais-je plutôt dire, d'un travail certain!

En fait, lorsque je travaille chez moi, avec la doctrine, le code, les problèmes et tout et tout, ça avance plutôt bien. Lentement mais sûrement, comme me disait jadis mon père. Le fait d'avoir trouvé une traduction anglaise du Bürgerliches Gesetzbuch (le code civil allemand) dans internet donne un coup de main. Le problème, c'est plutôt en classe.

Effectivement, se "faire l'oreille" dans une nouvelle langue, c'est jamais vraiment facile. Ça se fait très graduellement, lentement, et malgré qu'on connaisse souvent tous les mots figurant dans une phrase, on ne les comprend pas nécessairement pour autant... Comprendre au sens le plus strict du terme: si je lis quelque chose comme : "Der Schuldner ist verpflichtet, die Leistung zu bewirken, wie..." je comprends. Si le prof le dit, pas sûr que je vais piger. Et ce malgré le fait que l'homme qui enseigne ce cours ne parle pas si vite que ça. Si je me concentre vraiment, je risque de saisir. Mais demeurer profondément concentré ainsi pendant trois heures, c'est pas évident!

Bien sûr, je peux compenser par le travail à la maison, et c'est ce que je tente de faire. Cela dit, malgré que je progresse bien quand je travaille chez moi, il reste que j'ai probablement besoin de trois, cinq, voire peut-être dix fois plus de temps pour y arriver que l'étudiant germanophone. Je ne peux donc pas couvrir 10hrs de cours universitaire ainsi.

Voilà pourquoi je parle d'un Monstre (avec un "M" majuscule!)! Loin de moi l'idée de me plaindre toutefois. J'étais au courant avant de me pointer ici. Je m'étais dit que j'allais avoir besoin d'un mois pour bien m'adapter. Deux semaines de cours sont déjà terminées. Je verrai, dans deux semaines, si mon estimation était bonne. De prime abord, j'ai néanmoins l'impression que j'aurai besoin de quelques semaines de plus pour être vraiment à l'aise.

Si je ne comprends pas tout pour l'instant, il reste que mes progrès dans ma compréhension de l'allemand écrit sont considérables. Apprendre une langue et se voir tranquillement acquérir les moyens de l'explorer avec plus d'assurance demeurera toujours, à mes yeux, quelque chose d'incroyablement gratifiant!

J'espère que vous allez tous bien. Félicitations aux amis de la Fac de droit qui ont fini leur session. À ceux qui n'ont toujours pas terminé, ne lâchez pas! Si ça peut vous réconforter, dites-vous qu'au moins, vos cours à vous sont en français ou en anglais ;)

saaaaaaaaaaaaalut

Hugues le wannabe juriste allemand

le 11 avril 2010

Bobblecare III: Das berliner Abenteuer

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Pour commencer sur une note modeste, je tiens à préciser qu'alors que Jésus n'est ressuscité qu'une seule fois, Bobblecare, lui, en est déjà à sa deuxième résurrection. Cela devrait donc, logiquement, faire de lui quelque chose de meilleur que le divin.

Cette précision étant faite, comment commencer...

Je vous écris depuis ma chambre berlinoise, où j'ai emménagé mardi dernier. Je ne peux en rester là, toutefois, car être aussi avare de détails pour décrire ma chambre berlinoise ne serait pas, sans l'ombre d'un doute, lui rendre justice. Allons-y donc de l'intérieur vers l'extérieur...

Deux couleurs dominent dans cette chambre: le blanc et le rose. Tous les murs sont blancs, tout comme le lit d'ailleurs, mais la literie est rose. Mon bureau est blanc, mais la petite lampe ainsi que la fleur en plastique qui l'habitent sont roses. Ma petite bibliothèque, elle, est beige, couleur discordante dans cet environnement, mais les autres fleurs en plastique qui s'y trouvent arborent différentes teintes... de rose. Sur les murs, on trouve comme seules décorations des photos où se trouvent des femmes qui, si je me fie aux inscriptions qu'on y trouve, portent des créations de feu Yves St-Laurent. Il y a quatre photos sur les murs, toutes ont au moins une touche de rose et un encadré blanc. Plutôt charmant, n'est-ce pas?

Ce qui est aussi intéressant c'est que la chambre que l'on m'avait montrée initialement était, elle, noire et blanche. Mais des problèmes techniques (internet sans-fil ne fonctionnant pas sur mon vieil ordi qui rote) m'a poussé à migrer dans une chambre plus près du modem afin que je puisse y foutre un câble et faire en sorte que celui-ci se rende dans ma chambre (la chambre rose, malgré qu'elle soit rose, est néanmoins plus près du modem).

La réalité est que la couleur de ma chambre m'importe peu. Je le dis sincèrement, malgré le fait que passer 3 paragraphes à en parler semble indiquer l'inverse. J'en veux toutefois pour preuve que l'un de mes colocs m'a offert des draps qu'il a, qui sont blancs, pour ne pas que je couche à chaque soir dans le rose. J'ai refusé en disant que dormir dans des draps roses, c'était pas la fin du monde, et il semblait plutôt surpris! Du reste, je ne voulais pas détruire le précieux équilibre de couleurs de la chambre en faisant pencher soudainement la balance en faveur du blanc, au détriment du rose. Pas bon pour le feng-shui ça...

Bien sûr, la route m'ayant mené à cette quintessence de chambre vaut probablement la peine que je m'y penche un peu. Quittons donc le rose, le blanc et Yves St-Laurent et dirigeons-nous vers des discours plus, comment dire, conventionnels!

Arrivé le 24 mars, j'ai roulé ma boss et ma valise jusque chez mon sauveur de l'heure, un dénommé Gab Duflap, que j'avais pas côtoyé depuis ma tendre enfance mais que le gentil hasard de la vie a eu la bonne idée de remettre sur mon chemin! Gab est ici depuis déjà plus de trois mois, il vit dans un studio avec quelques autres artistes, principalement européens. Il a eu la gentillesse de m'accueillir chez lui pour les premiers jours afin que je puisse me trouver une chambre. J'ai passé la première semaine là, à tripper avec Gab, discuter avec les autres gens du studio (tous très sympathiques), chercher une chambre et faire de la paperasse afin de m'inscrire à l'université. J'ai même eu la chance d'assister à "L'open studio", les vendredi et samedi 26 et 27 mars, alors que Gab et ses potes exposaient ce sur quoi ils avaient travaillé au cours des derniers mois. Très chouette.

L'objectif était d'avoir trouvé une chambre le mercredi 31 mars, parce que le jeudi 1 avril, j'avais la possibilité de sauter dans une rutilante voiture allemande (y en a-t-il qui ne le sont pas, je vous le demande?!) afin de me diriger vers Munich avec Markus, ami dont j'ai fait la connaissance alors que j'étudiais au Mexique. Markus allait célébrer Pâques avec sa famille chez lui, dans la métropole bavaroise, et je ne voulais pour rien au monde manquer ça. Ayant trouvé la chambre le mardi, j'étais fin prêt le jeudi matin.

On a donc fait route, Markus, sa soeur Cordula, sa mère Angelica, son père Jorg, et moi-même, vers le sud en roulant sur des autoroutes sans limite de vitesse et en arrêtant à Leipzig, pour voir le frère de Markus et sa petite famille. Je suis finalement resté à Munich jusqu'au 5. Ce fut une fin de semaine des plus agréables, ou tous les membres de cette belle petite famille ont fait preuve d'une gentille sans limite (comme les autoroute!) à mon égard! On a bien mangé, bien bu, et il y a même eu une séance de Karaoké sur des chansons allemandes, comme de quoi on a aussi eu du plaisir. D'ailleurs, si m'entendre chanter ça fait mal, m'entendre chanter en allemand ne peut que relever de la torture, j'en suis persuadé.

De retour à Berlin le lundi soir, je commençais déjà les obligations (dans deux sens du terme, vous verrez) le mardi, puisque j'avais des séances d'information obligatoires à mon université mardi, mercredi et jeudi, de 9 à 13hrs. Ces séances portaient, entre autre, sur les obligations (voici le deuxième sens, le juridique!) allemandes. Et bon, disons simplement que la terminologie légale, en allemand, s'avérera certainement un beau défi, pour moi à tout le moins!

Et depuis, encore un peu de paperasse (c'est presque fini, mais pas encore tout à fait), une participation aux essais pour les concours de plaidoirie de l'an prochain, une ou deux bières par-ci par-là, et nous voici le dimanche 11 avril. Demain, le 12, commencent mes cours et la vraie vie universitaire, avec tout ce qu'elle implique (lire: moi qui cherche dans des dictionnaires français-allemand 3 hrs par jours!). Mais bon, ça fait partie du plaisir, je savais ce dans quoi je m'embarquais, loin de moi l'idée de m'en plaindre!

Je suis donc présentement dans ma chambre qui, d'ailleurs, est située dans Schöneberg, où est aussi le quartier gai de Berlin. C'est un ancien voisinage de Berlin-ouest. Pendant la recherche de chambre, je cherchais plutôt dans des quartiers qui appartenaient auparavant à Berlin-est afin de pouvoir être, plus de vingt ans plus tard, un peu en contact avec ce qui reste de la réalité communiste. Malheureusement, c'est loupé. Les anciens quartiers de l'est ont souvent la réputation d'être très vivants, ce qui m'attirait d'autant plus. Kreuzberg, où Gab vit et où j'ai passé une semaine, l'était en tout cas. Bien sûr, ces quartiers regorgent parfois de ces vieux bâtiments de béton soviétiques qui, malheureusement, ressemblent en quelques points à certains de nos bâtiments des années 70, comme l'édifice leacock de McGill ou (encore mieux!) le Cégep de Chicoutimi!

Sinon... ai-je d'autres choses à dire? Quelle question, j'en ai des tonnes, mais je crois que ça suffit pour aujourd'hui. J'aurai amplement l'occasion de vous entretenir du reste dans les mois qui viennent.

Oh, oui, une dernière petite note sur le titre: das berliner Abenteuer. Abenteuer est neutre, je croyais donc devoir écrire "das berlines Abenteuer"... Mais Markus m'a dit que, pour une raison qu'il ne pouvait pas expliquer, il croyait que c'était "das berliner Abenteuer"... Probablement une des complexités (elles sont nombreuses) de la grammaire allemande. Bref, j'ai suivi son conseil, malgré que je ne puisse l'expliquer.

Tschüss!

Hugues

le 18 août 2009

La boucle est bouclee...

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Et oui, finalement terminer les quelques periples planifies depuis plus ou moins des mois vous amene a cette conclusion: la boucle est bouclee.

Dimanche dernier, Alana, Julia, la mere de cette derniere (Colette) et moi-meme sommes partis pour un safari de trois jours a Masai Mara, parc national tres connu et prise des touristes. Un safari, le fameux safari, c'est ce que nous allions faire. Ce que, en fait, tous les touristes qui viennent au Kenya font, nous allions le faire apres avoir passe deux mois (dans mon cas, trois dans le cas de Julia et Alana) a faire tout sauf des trucs touristiques, a l'exception peut-etre de l'ascension du Mt. Kenya.

Et comment dire... C'est clair que te promener dans une camionette avec un toit ouvrant et de voir, a litteralement quelques metres de toi, des zebres, des antilopes qui se battent, des gazelles de toutes les sortes, des babouins, des hippopotames, des elephants, des milliers de gnous en migration (vous savez, ceux qui tuent Mufasa dans le roi lion!), des phacocheres, des vautours, des guepards, des leopards et, bien sur, des lions, ca a quelque chose d'unique. On se dit, au fond, qu'on aurait pas vraiment pu partir sans se taper quelque chose de la sorte. Mais n'empeche, il y a quelque chose de PROFONDEMENT absurde a voir une quinzaine de ces camionettes se disputer metre apres metre afin d'offrir a ses passagers le meilleur angle pour voir ce Leopard, "ben oui lui la la, ben voyons tu le vois pas, tiers le gros arbre, a cote en arriere il y a un buisson, a travers le buisson il y a des taches noires, ce sont les taches du leopard".... J'ai pris plus de photos des millions de voitures que du leopard, parce que je ne voyais pas ce dernier, et parce que les camionnettes c'etait, dans cette scene en particulier, beaucoup plus revelateur!

Mais bon, ne faisons pas l'hypocrite, j'etais dans une de ces camionnettes, je voulais voir ce leopard autant que tout le monde, je faisais partie integrale de l'absurdite de la scene. Cela ne m'empeche neanmoins pas de soulever la chose.

Terminer ainsi la description du safari laisserait une note negative qui serait tout de meme inexacte. La simple vision, le mardi matin, de 4 lionnes qui venaient de chasser un zebre et qui etaient en train de le devorer, avec les organes de la proie jonchant le sol et la lumiere du soleil levant, ca n'avait pas vraiment de prix. Tout comme les milliers, que dire, les dizaines de milliers de gnous qui migraient vers le nord... Bref, ca valait la peine.

Ce fut ensuite le vol vers Lamu, petite ile tout pres de la cote kenyane, baignant dans l'ocean indien. On y a passe 4 jours. On vivait dans un appartement ridiculement beau pour lequel on payait la modique somme de 20 dollars americains par personne par jour. Une journee a la plage qui m'a laisse avec de beaux coups de soleil sur les pieds, une journee a se promener dans le village et une journee a faire de la voile et a pecher dans l'ocean. C'etait la premiere fois que je faisais de la voile et, diantre, j'ai adore. On etait avec trois jeunes hommes de Lamu qui conduisaient le bateau et notre capitaine, Jamal, etait vraiment sympathique.

Lamu avait une ambiance vraiment particuliere. Cela nous donnait, encore une fois, une bonne idee de l'etendue de la diversite du Kenya. Le bord de la mer, les noix de coco, les anes partout dans les rues, l'aspect musulman beaucoup plus present...

Et finalement le retour a Nairobi hier, en train depuis Mombasa, s'est bien deroule et etait une belle experience egalement.

Et maintenant, je suis au Milimani backpackers, qui est le premier endroit ou je suis venu apres etre arrive a l'aeroport en juin. A l'epoque j'etais malade et depuis hier je le suis aussi, comme de quoi plus ca change, plus c'est pareil! J'ai passe la journee au lit hier, entre les quelques visites aux toilettes. Mais je me sens deja mieux ce matin. La boucle est donc vraiment bouclee.

Que dire, donc, de cette experience de voyage? J'ai le reflexe, evidemment, de la comparer aux autres que j'ai vecues et a celle d'Alana. J'ai appris certaines choses, pas de doute, et renforce certaines autres. Je dirais qu'en general, ce ne fut pas une experience humaine aussi unique que celle que j'avais eu au Mexique, probablement parce que je ne parle pas la (ou plutot les) langue et parce que je travaillais beaucoup avec des occidentaux. La chose etait donc moins "speciale". Je n'ai aussi que pu constater la richesse des liens qu'Alana a cree dans son village. Ce n'est pas l'expression de regrets, ce n'est pas dit avec amertume, ce n'est pas non plus une deception, mais simplement une observation par rapport a la teneur de mon experience ainsi que sur ce qu'elle a pu m'apprendre et ce sur quoi elle a ete moins particuliere. L'aspect academique/professionnel a ete tres positif.

Les voyages en general, oui ils peuvent bien ou moins bien aller, mais au bout du compte on en fait ce qu'on en veut. Le resultat final, notre regard sur celui-ci, ne depend que de nous, de l'attitude qu'on adopte, de ce qu'on decide d'en faire.

Ce fut un bel ete, pas de doute, au niveau academique et personnel. Au plaisir d'en reparler avec vous, en personne et plus en details,

Sincerement,

Hugues, mzungu pour encore quelques jours
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